Loin des promesses de campagne, 40 % des suppressions de postes seront supportées par l’Éducation nationale

Le ministre de l’Éducation nationale a confirmé ce matin que 1 800 postes allaient être supprimés dans l’Éducation nationale en 2019. Ce chiffre représente 40 % des suppressions de postes de fonctionnaires annoncées pour 2019, bien loin de la création des 60 000 postes sous le précédent quinquennat, alors que davantage d’élèves seront accueillis encore à la prochaine rentrée.

Cette décision est grave et compromet le redressement de l’école qui avait été initié en 2012. Contrairement aux incantations du ministre, ces suppressions vont conduire inévitablement à des classes encore plus surchargées, à des élèves moins encadrés et à moins d’adultes présents dans les établissements pour la sécurité ou la santé de nos enfants. L’ambition n’est pas là, l’Éducation nationale n’est plus une priorité de ce gouvernement. 

Cette suppression massive de postes à l’Éducation nationale, alors que l’on sait que le nombre d’élèves par professeur et par classe en France est au-dessus des moyennes de l’OCDE, est un choix idéologique et comptable. Après les retraités, les jeunes, les collectivités ou les agriculteurs, c’est au tour de l’École de la République de compenser, dans le budget du gouvernement, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches.

Le gouvernement s’était pourtant engagé à exclure certains ministères prioritaires (Éducation, Justice, Police…) du plan de suppression aveugle de 120 000 postes de fonctionnaires pendant le quinquennat. Cet engagement n’a pas été tenu. Bien au contraire, l’Éducation nationale sera le ministère le plus mis à contribution en 2019.

Si le groupe Socialistes et apparentés partage l’objectif de renforcer les moyens du primaire, comme cela a déjà été le cas entre 2012 et 2017, cela ne doit toutefois pas conduire à réduire dans le même temps les moyens du secondaire. C’est pourtant le choix arrêté par Jean-Michel Blanquer. Ce qui est donné aux uns et repris aux autres.

Le ministre de l’Éducation nationale a également annoncé la mise en place d’un observatoire du pouvoir d’achat des professeurs. Or les résultats sont connus d’avance. Avec le gel du point d’indice et le report du plan de revalorisation des carrières des agents publics, le pouvoir d’achat des professeurs ne peut que reculer dans un contexte de retour de l’inflation.

Les propositions magiques de M. Blanquer pour le pouvoir d’achat des professeurs ne sont que le retour de la recette sarkozyste des heures supplémentaires « travailler plus pour gagner plus », qui a déjà montré son échec et dont les Français ne voulaient plus : elles vont alourdir la charge de travail et n’auront que peu d’effet puisqu’une majorité d’enseignants est déjà contrainte de faire des heures supplémentaires.

Plus largement, c’est un observatoire du pouvoir d’achat des Français qu’il faudrait mettre en place pour chiffrer les conséquences négatives de la politique budgétaire et fiscale sur le pouvoir d’achat des Français.

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