Kurdes : Nos quatre exigences et questions

Pour la première fois dans l’histoire de l’Assemblée nationale, les 8 présidents des groupes politiques ont déposé, à l’initiative de la Présidente de la commission des affaires étrangères Marielle de Sarnez, une résolution pour condamner l’offensive militaire turque contre les Kurdes.

Cette résolution a donné lieu à une séance à l’Assemblée nationale le mercredi 30 octobre au cours de laquelle se sont exprimés tous les groupes politiques, les présidentes de la commission des affaires étrangères et de la Défense et le Gouvernement par la voix du Ministre des affaires étrangères.

Pour le groupe socialistes et apparentés, Valérie Rabault a rappelé que la France – et l’Europe – étaient confrontées à deux grands enjeux :

  • Premier enjeu : celui de la protection des populations civiles kurdes. Il doit y avoir sur la question de la protection des populations civiles kurdes une démarche forte de la France. Selon les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels de 1977, les personnes civiles et toutes celles qui ne participent pas aux combats ne peuvent en aucun cas être l’objet d’attaques et elles doivent être épargnées et protégées. Afin de garantir ces principes, nous souhaitons que la France demande le redéploiement sur le terrain du Comité international de la croix rouge (CICR).
  • Second enjeu : celui du positionnement stratégique de la France :
    • Qu’est ce que compte faire le gouvernement face à l’annonce du Président Erdogan d’interdire à partir de mercredi le sol turc à tous les Syriens en situation irrégulière ? Ces Syriens, qui sont au nombre de 2 millions, seraient expulsés de Turquie vers le Nord de la Syrie, dans la zone dont la Turquie a pris le contrôle.
    • Qu’est ce que compte faire le gouvernement face au danger que constitue le nouvel équilibre qui est en train de se dessiner ? Nous savons que la déstabilisation menée en Irak par les Américains en 2003 a indirectement participé de l’émergence de Daech. Il est donc indispensable d’éviter la constitution ou la reconstitution de forces terroristes qui s’agrégeraient.
    • Qu’est ce que compte faire le gouvernement face à l’enjeu des prisonniers djihadistes de nationalité française qui jusqu’à présent étaient détenus par les Kurdes ? Dans les faits, cette « détention » n’est d’ailleurs plus assurée puisque nous savons que plusieurs femmes djihadistes et leurs enfants se sont échappées pour fuir les bombardements turcs. Le gouvernement compte t’il les rapatrier et les juger ?

Malheureusement, la réponse du Ministre des affaires étrangères à ces questions à l’issue des interventions est restée trop vague, ce qui est très regrettable.

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