La réduction drastique des emplois aidés est un échec

A notre initiative, dans le cadre de la semaine de contrôle, l’Assemblée nationale a débattu ce mercredi de la réduction du nombre d’emplois aidés.

Pourquoi cette initiative ?

  • Parce que la réduction drastique du nombre d’emplois aidés a eu un impact important sur tous les territoires et sur les associations. Il n’y a pas une semaine sans que nous soyons interpellés sur ce sujet dans nos circonscriptions

La carte ci-dessus, élaborée par le groupe à partir des chiffres de la DARES, montre l’évolution par département du nombre de contrats aidés entre 2017 et 2018. Plus un département apparaît en foncé, plus la chute du nombre de creations d’emplois aidés a été importante entre 2017 et 2018.

 

Pourquoi cette baisse drastique ?

  • Parce que le Président a jugé que les emplois aidés seraient coûteux et inefficaces ;
  • Pourtant, une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail, la DARES, explique qu’en 2017, la suppression des emplois aidés est à l’origine de l’inscription de 55 000 personnes à Pôle emploi ;
  • Il faut savoir que le coût annuel pour l’État d’un contrat aidé est estimé entre 6 000 et 12 000 euros, et que, selon ATD Quart Monde, un chômeur de longue durée coûte entre 12 000 et 15 000 euros à l’assurance chômage ;
  • Autrement dit, le gouvernement a préféré les chômeurs de longue durée, plus coûteux pour les finances publiques, aux contrats aidés.

 

 

Le gouvernement a remplacé les anciens contrats aidés non marchands (CUI-CAE), par des parcours emploi compétences (PEC). Mais ces PEC ne sont que des contrats aidés rabotés :

  • le taux de prise en charge par l’État des PEC est trop faible : de 35 % à 60 % du SMIC au lieu de 75 % auparavant ;
  • la durée maximum des PEC est insuffisante : 12 mois au lieu de 18 auparavant ;
  • les PEC ne sont pas adaptés aux publics les plus fragiles : ils excluent les jeunes sans expérience et les séniors en fin de carrière ;

Résultat : les PEC sont un échec total. En 2018, à peine plus de 120 000 PEC ont été conclus alors que 200 000 PEC avaient été budgétés et en 2019, seulement 100 000 PEC ont été budgétés.

 

 

Cet échec est lourd de conséquences, en particulier pour les associations qui contribuent pourtant fortement à la vitalité du tissu solidaire local et accomplissent notamment un remarquable travail d’insertion des publics les plus éloignés de l’emploi au quotidien.

  • Dans le secteur associatif, ces choix ont entraîné la suppression de 40 000 emplois entre 2017 et 2019 ;
  • Dans certaines régions, 20 % des clubs sportifs ont disparu en 2018.

Lors de ce débat, nous avons donc rappelé cette terrible réalité à une majorité déconnectée du terrain. Nous appelons le gouvernement au sursaut tant sa politique est un échec sur le plan de l’emploi et de la cohésion sociale.

 

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